Burkina Faso: Ouagadougou, capitale africaine des deux roues

Pour 1,62 million d’habitants, la capitale burkinabé compte plus de 760 000 motos, près d’un Ouagalais sur deux possède donc sa bécane

Burkina Faso: Ouagadougou, capitale africaine des deux roues
Burkina Faso: Ouagadougou, capitale africaine des deux roues
Burkina Faso: Ouagadougou, capitale africaine des deux roues

Pour 1,62 million d’habitants, la capitale burkinabé compte plus de 760 000 motos, près d’un Ouagalais sur deux possède donc sa bécane

La capitale du Burkina Faso, Ouagadougou, a la particularité d'abriter le plus grand parc-roulant 2RM d'Afrique.

Pour les Ouagalais, la moto est un besoin vital et rythme la vie quotidienne. D’ailleurs, pour 1,62 million d’habitants, la capitale burkinabé compte plus de 760 000 "deux roues", près d’un Ouagalais sur deux possède donc sa bécane.

Conséquence du faible développement des infrastructures et des transports en commun, la popularité des deux roues entraîne à la fois de nombreux accidents, un trafic intense aux heures de pointe et une pollution atmosphérique. 

Selon la Direction générale des transports terrestres et maritimes (DGTTM), la capitale burkinabé comptait 765 477 motocyclettes, en 2015. Ce chiffre reste toutefois approximatif, vu qu’ «il ne prend en compte que les motos immatriculées». 

«Dans notre système d’immatriculation, les engins qui sont sortis de la circulation ne sont pas signalés. Ici, nous n’avons pas de système pour déclarer qu’un véhicule est hors d’usage. Ils sont donc toujours pris en compte dans le parc», explique le colonel Mamadou Boukouma, directeur général de la DGTTM. 

Si le nombre des motos circulant à Ouagadougou est impressionnant, son évolution d’une année à l’autre l’est encore plus. Pour la seule année de 2015, 100 886 motos ont été mises en circulation. 

Pour le colonel Boukouma, la popularité des deux roues à Ouagadougou est due au faible développement des transports en commun. Véhicules vétustes, ville mal desservie, retards, tel est le lot quotidien des Ouagalais usagers de la Société des Transports en Commun de Ouagadougou (SOTRACO).

Quant aux taxis, il en existe deux catégories, les «taxis compteurs» hors de portée pour une grande partie de la population et les taxis ordinaires. Peu ou mal entretenus, ceux-ci sont, pour la plupart, en mauvais état et «n’attirent pas la clientèle qui ne s’y sent pas en sécurité», ajoute Boukouma. 

Pour développer les transports en commun dans la capitale burkinabé, la «stratégie des transports 2011-2025» initiée par le gouvernement envisage la mise en œuvre de plusieurs mesures, parmi lesquelles la création de «l’Autorité organisatrice de la mobilité urbaine pour la résolution de nombreux problèmes liés à ce secteur». 

La popularité des deux roues est, de surcroît, due au manque d’infrastructures, aux bitumes vétustes ou inexistants et aux voies inaccessibles en voiture. «Ici, mêmes les fonctionnaires et les gens de la classe moyenne qui ont la capacité d’avoir une voiture, ou ceux qui possèdent déjà un véhicule, ont une moto. Il n’y a pas de maison sans 2 roues. Pour circuler en voiture c’est trop compliqué, les voies sont trop mauvaises, mais en moto c’est plus simple et plus fluide », affirme Willy Martin, vendeur de motos au centre-ville. 

Cet engouement remarquable pour les deux roues au pays de Thomas Sankara permet, néanmoins, à de nombreux burkinabé de trouver un emploi. Ouagadougou a même vu naître de nouveaux métiers: vendeurs, «parkeurs », laveurs de motos et mécaniciens spécialisés.

Propriétaire de son établissement «Viim moto» depuis 8 ans, Willy Martins vend plusieurs marques de motos importées pour la plupart de Chine ou d’Inde. Comme il l’explique, il existe «les motos originales et les motos appelées communément motos koom ou encore les motos deuxièmes». 

La différence de prix entre les deux catégories est très importante. Pour les motos originales, le prix varie entre 750 000 et 1,4 million FCFA (entre 1275 et 2380 USD) alors que pour les autres motos, il faut compter entre 400 et 500 mille FCFA (entre 680 et 850 USD). «On peut vendre une trentaine de motos par mois. Mais la vente est aléatoire, pendant la saison des pluies le marché est très faible alors qu’à la rentrée ou pendant les fêtes on vend beaucoup de motos», explique Willy. 

Il n’est pas difficile de trouver un mécanicien pour quelques tracas mécaniques en cours de route. Ces professionnels sont, pour la plupart anarchiquement installés au bord de la route ou dans des garages éparpillé ici et là. 

Mécanicien depuis une dizaine d’années, Ali Ouedraogo peut gagner jusqu’à 60 000 FCFA (environ 100 USD) par mois. Ce revenu n’est cependant pas fixe. «Les gens n’entretiennent pas toujours bien leur moto et parfois plutôt que de réparer, ils préfèrent en avoir une nouvelle», se désole Ali. 

Un sceau d’eau savonné, une éponge et un crasher à la main, Ibrahim, dit «petit Ibrahim» a installé son « business » de lavage de deux roues sur un trottoir du quartier populaire de bilbalogho. Pour laver une moto, il faut compter 250 FCFA (0,34USD). Avec son employé, le gentil laveur peut gagner entre 30 et 35 mille FCFA par mois (entre 41 et 48 USD). AA



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